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				<title>La musique, ta t&#xea;te et autres consid&#xe9;rations...</title>
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				<pubDate>Tue, 27 Dec 2011 14:20:00 GMT</pubDate>
			
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					<title>La nuit qui &#xe9;claire la nuit</title>
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					<description>La nuit qui &amp;eacute;claire la nuit (cliquez &amp;agrave; gauche en bas si vous voulez l&apos;entendre).
&amp;quot;&amp;Ccedil;a s&apos;peut m&amp;ecirc;me pas&amp;quot; s&apos;est &amp;eacute;cri&amp;eacute; une fois la plus vieille de mes jeunes filles alors qu&apos;elle &amp;eacute;coutait cette chanson. Elle a pas tout &amp;agrave; fait tort faut dire. Il y a l&amp;agrave; quelque chose d&apos;illogique. Comment la nuit pourrait-elle &amp;eacute;clairer la nuit, ou le jour obscurcir le jour? Car pas plus que le feu ne br&amp;ucirc;le le feu lorsqu&apos;on ajoute une amulette au foyer qui nous r&amp;eacute;chauffe, on ne mouille pas d&apos;avantage l&apos;eau lorsqu&apos;on ajoute de l&apos;eau &amp;agrave; une gourde qui en contient. Le monde physique est plut&amp;ocirc;t formel &amp;agrave; ce sujet: les oppos&amp;eacute;s interagissent entre eux parce qu&apos;ils sont justement oppos&amp;eacute;s. La mati&amp;egrave;re m&amp;ecirc;me, en son coeur, tricot&amp;eacute; de milliards d&apos;atomes, semble asujetti &amp;agrave; cette loi des oppos&amp;eacute;s avec ses &amp;eacute;lectrons (charge n&amp;eacute;gative) et ses protons (charge positive) pour faire une histoire courte.

Mais cela n&apos;est pas exclusivement observable dans le monde physique. Il l&apos;est aussi dans le monde des id&amp;eacute;es, le monde conceptuel o&amp;ugrave; des notions comme le beau le laid, la droite la gauche (en politique), l&apos;objectif le subjectif, le rationel l&apos;irrationel, et bien entendu, le bien le mal, semble pr&amp;eacute;dominer.&amp;nbsp;

En d&apos;autres mots, r&amp;eacute;sident dans les oppos&amp;eacute;s la limite (absolutio) avec laquelle on peut d&amp;eacute;finir le monde, circonscrire ses ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;nes et ses composantes, dont nous nous-m&amp;ecirc;me.

Mais se pourrait-il que cette limite n&apos;ait rien d&apos;absolu-en-soi, qu&apos;elle serait per&amp;ccedil;ue comme telle en raison des limites impos&amp;eacute;es par nos sens? Et si cette constance qu&apos;on rencontre dans le monde physique, biologique, psychologique, politique, moral, artistique, peu importe l&apos;angle, (homme/femme, gauche/droite, haut/bas, bien/mal, est/ouest, vie/mort, beau/laid...) &amp;eacute;tait l&amp;agrave; non pas parce que le monde est ainsi fait mais bien parce c&apos;est ainsi que nous sommes capable de le saisir? La nuance est importante, pour ne pas dire primordiale.

&amp;Ccedil;a &amp;eacute;claicirait ce vieux mythe du fruit de la connaissance du bien et du mal tel que relat&amp;eacute; dans la Gen&amp;egrave;se (et j&apos;ai bien dit mythe). En quoi devenir conscient du bien et du mal nous emp&amp;ecirc;cherait-il de rester au Paradis? &amp;nbsp;Car on pourrait r&amp;eacute;sumer l&apos;histoire en disant qu&apos;Adam et &amp;Egrave;ve ne peuvent plus rester au Paradis depuis qu&apos;ils saisissent le monde de mani&amp;egrave;re duelle, c&apos;est-&amp;agrave;-dire depuis qu&apos;ils savent distinguer le bien du mal; les 2 extr&amp;ecirc;mes du spectre moral. Bref, la &amp;quot;tache originelle&amp;quot; que nous rappelle fort joliement le Minuit chr&amp;eacute;tien, et sur laquelle repose toute la doctrine chr&amp;eacute;tienne, serait cette propension h&amp;eacute;rit&amp;eacute;e d&apos;Adam et &amp;Eacute;ve d&apos;appr&amp;eacute;hender le monde sur un mode duel, d&apos;o&amp;ugrave; la n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; d&apos;un sauveur, d&apos;un r&amp;eacute;dempteur.

Les traditions orientales sont plus &amp;eacute;loquentes en ce qui concerne le dualisme. On a qu&apos;&amp;agrave; penser au Ying et au Yang. Il y aurait effectivement malentendu quant &amp;agrave; notre fa&amp;ccedil;on de percevoir le monde. L&apos;hindouisme, le tao&amp;iuml;sme et le bouddhisme insistent beaucoup sur le caract&amp;egrave;re ins&amp;eacute;parable, non-duel de l&apos;Ultime et comment notre vision duelle, dualiste, du monde nous trompe quant &amp;agrave; sa nature profonde. C&apos;est pourquoi les traditions spirituelles en Orient ont g&amp;eacute;n&amp;eacute;ralement un c&amp;ocirc;t&amp;eacute; plus pragmatique en ce qui concerne la &amp;quot;question de Dieu&amp;quot;. Diff&amp;eacute;rentes techniques y sont enseign&amp;eacute;es, exercices de respiration, yoga, afin de se d&amp;eacute;conditionner du dualisme sur lequel repose notre compr&amp;eacute;hension du monde et de nous-m&amp;ecirc;me et bypassr ainsi l&apos;intellect, processeur dualistique par excellence. Et ce n&apos;est pas une mince t&amp;acirc;che.&amp;nbsp;

Une des difficult&amp;eacute;s majeures que l&apos;on rencontre lorsqu&apos;on veut s&apos;affranchir de notre percepetion duelle est le langage. Car nous pensons en terme de mots et de phrases. Le probl&amp;egrave;me, d&apos;un point de vue non-duel, est que le langage est pr&amp;eacute;cis&amp;eacute;ment un mode de communication dualiste. Un mode qui d&amp;egrave;s notre + jeune &amp;acirc;ge nous pousse &amp;agrave; penser de fa&amp;ccedil;on duelle. Attention, il ne s&apos;agit pas de condamner cela. Il faut garder en perspective que ce texte tente d&apos;expliquer pourquoi les oppos&amp;eacute;s se dressent devant nous comme des absolus, et comment la nuit peut en venir &amp;agrave; &amp;eacute;clairer la nuit.&amp;nbsp;

Le langage contribue donc largement &amp;agrave; entretenir une vision dualiste du monde mais le fait que nous &amp;eacute;voluons dans un espace/temps tel que nos sens le traduit joue aussi. Le conditionnement culturel (le langage) pourrait difficilement coller s&apos;il n&apos;&amp;eacute;tait pas en phase avec le monde physique. Mais est-ce le langage qui donne au monde physique son caract&amp;egrave;re absolu ou plut&amp;ocirc;t l&apos;inverse..? Je dirais que les 2 s&apos;alimentent. Mais bon, je sens ici que je vous perds. Le probl&amp;egrave;me avec ce genre de sujet c&apos;est qu&apos;il est difficile de faire des analogies qui vont r&amp;eacute;sonner fort car une analogie fait du sens dans la mesure o&amp;ugrave; elle est se connecte &amp;agrave; quelque chose que l&apos;on conna&amp;icirc;t d&amp;eacute;j&amp;agrave;. Ici, bien que l&apos;on soit au courant que l&apos;on per&amp;ccedil;oit le monde d&apos;une certaine fa&amp;ccedil;on (puisque c&apos;est une activit&amp;eacute; &amp;agrave; laquelle on s&apos;adonne depuis qu&apos;on est au monde), on est en m&amp;ecirc;me temps ignorant des limites de nos propres perceptions puisqu&apos;on ne peut pas comparer avec un autre mode, &amp;agrave; moins de travailler en ce sens (selon la mani&amp;egrave;re orientale) ou que la Gr&amp;acirc;ce nous tombe dessus (selon la mani&amp;egrave;re chr&amp;eacute;tienne).

Alors pourquoi la nuit peut-elle &amp;eacute;clairer la nuit? La nuit qui &amp;eacute;claire la nuit, c&apos;est l&apos;expression du paradoxe qui surgit lorsqu&apos;on per&amp;ccedil;oit le monde de mani&amp;egrave;re non-duelle. Dans cette mani&amp;egrave;re de voir, non seulement les oppos&amp;eacute;s ne s&apos;opposent plus, mais on est &amp;agrave; m&amp;ecirc;me de r&amp;eacute;aliser qu&apos;ils sont en r&amp;eacute;alit&amp;eacute; une seule et m&amp;ecirc;me chose, qui circule d&apos;un bord comme de l&apos;autre en empruntant diff&amp;eacute;rents masques lorsque l&apos;on est incapable de reconna&amp;icirc;tre l&apos;unicit&amp;eacute; de leur manifestation. Mais lorsqu&apos;on en devient capable, la nuit n&apos;est plus le contraire du jour, elle est simultann&amp;eacute;ment le jour qui lui-m&amp;ecirc;me contient la nuit qui elle-m&amp;ecirc;me deviendra jour... C&apos;est &amp;eacute;tat paradoxal fait co-exister&amp;nbsp;le n&amp;eacute;gatif et le positif simultann&amp;eacute;ment. On pourrait dire qu&apos;il s&apos;agit d&apos;un &amp;eacute;tat super-positif &amp;agrave; l&apos;int&amp;eacute;rieur duquel la danse des oppos&amp;eacute;s devient possible. &amp;Agrave; noter que l&apos;absence de jour ou la pr&amp;eacute;sence de nuit  correspond aussi &amp;agrave; la pr&amp;eacute;sence de jour ou l&apos;absence de nuit. L&apos;absence a donc un caract&amp;egrave;re positif de par sa pr&amp;eacute;sence. Un p&amp;egrave;re absent a une influence majeure vous diront plusieurs psychologues... Pour dire autrement, l&apos;absence, le n&amp;eacute;gatif, le n&amp;eacute;ant en tant qu&apos;absolu ne seraient qu&apos;une repr&amp;eacute;sentation de l&apos;esprit dualiste et qui n&apos;aurait aucune existence en soi. D&apos;o&amp;ugrave; le caract&amp;egrave;re super-positif de la nouvelle perspective.

C&apos;est pourquoi quand on voit s&apos;annuler les oppos&amp;eacute;s lorsqu&apos;en dehors de la dualit&amp;eacute;, une joie immense envahit l&apos;&amp;ecirc;tre. Car non seulement celui-ci n&apos;est plus soumis au stress continuel des oppositions qui le tiraille jour et nuit, mais en +, le mouvement du temps cesse. Car si les oppos&amp;eacute;s s&apos;annulent, cela implique &amp;eacute;galement que l&apos;apr&amp;egrave;s et l&apos;avant n&apos;op&amp;egrave;rent plus. Ne reste plus que le pr&amp;eacute;sent. Non pas le pr&amp;eacute;sent tel que ressenti entre l&apos;avant et l&apos;apr&amp;egrave;s, dans le mode dualiste, mais le pr&amp;eacute;sent v&amp;eacute;cu comme &amp;eacute;ternit&amp;eacute;, comme hors du temps, incr&amp;eacute;&amp;eacute;. Car c&apos;est cela l&apos;&amp;eacute;ternit&amp;eacute;. L&apos;&amp;eacute;ternit&amp;eacute; n&apos;est pas une r&amp;eacute;p&amp;eacute;tition qui dure tr&amp;egrave;s beaucoup longtemps. L&apos;&amp;eacute;ternit&amp;eacute;, c&apos;est un pr&amp;eacute;sent qui ne commence ni ne finit jamais. N&apos;oublions que le langage &amp;eacute;tant &amp;agrave; la base un mode de communication dualiste, il est incapable de repr&amp;eacute;senter ad&amp;eacute;quatement un ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;ne qui ne serait pas dualiste, un paradoxe o&amp;ugrave; les oppositions ne jouent plus les unes contre les autres.

Mais pour revenir &amp;agrave; la joie, c&apos;est ce dont traite le dernier couplet dans la chanson qui ouvre mon dernier album.

La nuit qui &amp;eacute;claire la nuit&amp;nbsp;
Prend sa lumi&amp;egrave;re &amp;agrave; la joie
Elle prend, se fait prendre et jouit
Du feu qui t&apos;alluma
Du feu qui t&apos;allumera
Du feu qui t&apos;allume

&amp;Agrave; la lueur de ce vient d&apos;&amp;ecirc;tre &amp;eacute;crit, on comprendra mieux pourquoi les 3 temps sont d&amp;eacute;clin&amp;eacute;s dans les 3 derni&amp;egrave;res phrases.
Quant &amp;agrave; la joie, il y a certes celle qui jaillit lorsqu&apos;on d&amp;eacute;couvre en dehors de la dualit&amp;eacute; un plan non-duel, beaucoup plus vaste que celui qui nous est normalement donn&amp;eacute; 
de conna&amp;icirc;tre. Mais il y aussi la joie inh&amp;eacute;rente au d&amp;eacute;ploiement de la Nature, d&apos;une dynamique incessante, perp&amp;eacute;tuellement en cr&amp;eacute;ation, ne peut que d&amp;eacute;border de f&amp;eacute;licit&amp;eacute; devant un tel spectacle,&amp;nbsp;consciente d&apos;elle-m&amp;ecirc;me, de sa manifestation grandiose&amp;nbsp;arrach&amp;eacute;e &amp;agrave; chaque pulsation au N&amp;eacute;ant, tel un respir qui nous ram&amp;egrave;nerait &amp;agrave; la vie apr&amp;egrave;s chaque expiration, comme si le ravissement ne pouvait cesser puisque le 1000x Amazing Fantastique Immobile Perp&amp;eacute;tuel Renouveau Incr&amp;eacute;&amp;eacute; du Forever Pr&amp;eacute;sent ne cesse jamais de s&apos;&amp;eacute;tonner lui-m&amp;ecirc;me. 

Car vous l&apos;aurez devin&amp;eacute;, un changement de paradigme s&apos;op&amp;egrave;re lorsqu&apos;on passe d&apos;un plan duel &amp;agrave; un plan non-duel. Une transformation majeure au niveau de l&apos;&amp;eacute;go s&apos;effectue. Le &amp;quot;je&amp;quot; contextuel, familial, historique, psychologique, s&apos;efface pour faire place &amp;agrave; une percepetion &amp;agrave; la fois personelle et impersonelle (non-duelle), superjective dirait le philosophe Andr&amp;eacute; Moreau, o&amp;ugrave; la s&amp;eacute;partion entre soi, le reste et la Nature n&apos;existe plus. On fait partie du monde tout comme le monde est &amp;eacute;galement en nous. Dans cette perspective, les oppos&amp;eacute;s n&apos;&amp;eacute;tant plus, seul subsiste l&apos;Un, superpositif immanent dont l&apos;existence incr&amp;eacute;&amp;eacute; suscite une joie in&amp;eacute;teignable.&amp;nbsp;

Quant aux derni&amp;egrave;res paroles &amp;quot;C&apos;qui est en-haut est comme en-bas&amp;quot;, &amp;ccedil;a devrait commencer &amp;agrave; &amp;ecirc;tre clair...
Mais bon, ce qui est duel peut difficilemet comprendre le non-duel. Seule l&apos;exp&amp;eacute;rience ici peut t&amp;eacute;moigner. Imaginez un aveugle &amp;agrave; qui on essayerait d&apos;expliquer la couleur rouge. Ce ne serait que s&apos;il recouvre la vue qu&apos;il pourrait &amp;quot;comprendre&amp;quot; ce qu&apos;est la couleur rouge...

Ben voil&amp;agrave; pouruoi la nuit &amp;eacute;claire la nuit...

</description>
					<content:encoded><![CDATA[La nuit qui &eacute;claire la nuit (cliquez &agrave; gauche en bas si vous voulez l'entendre).<br />
&quot;&Ccedil;a s'peut m&ecirc;me pas&quot; s'est &eacute;cri&eacute; une fois la plus vieille de mes jeunes filles alors qu'elle &eacute;coutait cette chanson. Elle a pas tout &agrave; fait tort faut dire. Il y a l&agrave; quelque chose d'illogique. Comment la nuit pourrait-elle &eacute;clairer la nuit, ou le jour obscurcir le jour? Car pas plus que le feu ne br&ucirc;le le feu lorsqu'on ajoute une amulette au foyer qui nous r&eacute;chauffe, on ne mouille pas d'avantage l'eau lorsqu'on ajoute de l'eau &agrave; une gourde qui en contient. Le monde physique est plut&ocirc;t formel &agrave; ce sujet: les oppos&eacute;s interagissent entre eux parce qu'ils sont justement oppos&eacute;s. La mati&egrave;re m&ecirc;me, en son coeur, tricot&eacute; de milliards d'atomes, semble asujetti &agrave; cette loi des oppos&eacute;s avec ses &eacute;lectrons (charge n&eacute;gative) et ses protons (charge positive) pour faire une histoire courte.<br />
<br />
Mais cela n'est pas exclusivement observable dans le monde physique. Il l'est aussi dans le monde des id&eacute;es, le monde conceptuel o&ugrave; des notions comme le beau le laid, la droite la gauche (en politique), l'objectif le subjectif, le rationel l'irrationel, et bien entendu, le bien le mal, semble pr&eacute;dominer.&nbsp;<br />
<br />
En d'autres mots, r&eacute;sident dans les oppos&eacute;s la limite (absolutio) avec laquelle on peut d&eacute;finir le monde, circonscrire ses ph&eacute;nom&egrave;nes et ses composantes, dont nous nous-m&ecirc;me.<br />
<br />
Mais se pourrait-il que cette limite n'ait rien d'absolu-en-soi, qu'elle serait per&ccedil;ue comme telle en raison des limites impos&eacute;es par nos sens? Et si cette constance qu'on rencontre dans le monde physique, biologique, psychologique, politique, moral, artistique, peu importe l'angle, (homme/femme, gauche/droite, haut/bas, bien/mal, est/ouest, vie/mort, beau/laid...) &eacute;tait l&agrave; non pas parce que le monde est ainsi fait mais bien parce c'est ainsi que nous sommes capable de le saisir? La nuance est importante, pour ne pas dire primordiale.<br />
<br />
&Ccedil;a &eacute;claicirait ce vieux mythe du fruit de la connaissance du bien et du mal tel que relat&eacute; dans la Gen&egrave;se (et j'ai bien dit mythe). En quoi devenir conscient du bien et du mal nous emp&ecirc;cherait-il de rester au Paradis? &nbsp;Car on pourrait r&eacute;sumer l'histoire en disant qu'Adam et &Egrave;ve ne peuvent plus rester au Paradis depuis qu'ils saisissent le monde de mani&egrave;re duelle, c'est-&agrave;-dire depuis qu'ils savent distinguer le bien du mal; les 2 extr&ecirc;mes du spectre moral. Bref, la &quot;tache originelle&quot; que nous rappelle fort joliement le Minuit chr&eacute;tien, et sur laquelle repose toute la doctrine chr&eacute;tienne, serait cette propension h&eacute;rit&eacute;e d'Adam et &Eacute;ve d'appr&eacute;hender le monde sur un mode duel, d'o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute; d'un sauveur, d'un r&eacute;dempteur.<br />
<br />
Les traditions orientales sont plus &eacute;loquentes en ce qui concerne le dualisme. On a qu'&agrave; penser au Ying et au Yang. Il y aurait effectivement malentendu quant &agrave; notre fa&ccedil;on de percevoir le monde. L'hindouisme, le tao&iuml;sme et le bouddhisme insistent beaucoup sur le caract&egrave;re ins&eacute;parable, non-duel de l'Ultime et comment notre vision duelle, dualiste, du monde nous trompe quant &agrave; sa nature profonde. C'est pourquoi les traditions spirituelles en Orient ont g&eacute;n&eacute;ralement un c&ocirc;t&eacute; plus pragmatique en ce qui concerne la &quot;question de Dieu&quot;. Diff&eacute;rentes techniques y sont enseign&eacute;es, exercices de respiration, yoga, afin de se d&eacute;conditionner du dualisme sur lequel repose notre compr&eacute;hension du monde et de nous-m&ecirc;me et bypassr ainsi l'intellect, processeur dualistique par excellence. Et ce n'est pas une mince t&acirc;che.&nbsp;<br />
<br />
Une des difficult&eacute;s majeures que l'on rencontre lorsqu'on veut s'affranchir de notre percepetion duelle est le langage. Car nous pensons en terme de mots et de phrases. Le probl&egrave;me, d'un point de vue non-duel, est que le langage est pr&eacute;cis&eacute;ment un mode de communication dualiste. Un mode qui d&egrave;s notre + jeune &acirc;ge nous pousse &agrave; penser de fa&ccedil;on duelle. Attention, il ne s'agit pas de condamner cela. Il faut garder en perspective que ce texte tente d'expliquer pourquoi les oppos&eacute;s se dressent devant nous comme des absolus, et comment la nuit peut en venir &agrave; &eacute;clairer la nuit.&nbsp;<br />
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Le langage contribue donc largement &agrave; entretenir une vision dualiste du monde mais le fait que nous &eacute;voluons dans un espace/temps tel que nos sens le traduit joue aussi. Le conditionnement culturel (le langage) pourrait difficilement coller s'il n'&eacute;tait pas en phase avec le monde physique. Mais est-ce le langage qui donne au monde physique son caract&egrave;re absolu ou plut&ocirc;t l'inverse..? Je dirais que les 2 s'alimentent. Mais bon, je sens ici que je vous perds. Le probl&egrave;me avec ce genre de sujet c'est qu'il est difficile de faire des analogies qui vont r&eacute;sonner fort car une analogie fait du sens dans la mesure o&ugrave; elle est se connecte &agrave; quelque chose que l'on conna&icirc;t d&eacute;j&agrave;. Ici, bien que l'on soit au courant que l'on per&ccedil;oit le monde d'une certaine fa&ccedil;on (puisque c'est une activit&eacute; &agrave; laquelle on s'adonne depuis qu'on est au monde), on est en m&ecirc;me temps ignorant des limites de nos propres perceptions puisqu'on ne peut pas comparer avec un autre mode, &agrave; moins de travailler en ce sens (selon la mani&egrave;re orientale) ou que la Gr&acirc;ce nous tombe dessus (selon la mani&egrave;re chr&eacute;tienne).<br />
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Alors pourquoi la nuit peut-elle &eacute;clairer la nuit? La nuit qui &eacute;claire la nuit, c'est l'expression du paradoxe qui surgit lorsqu'on per&ccedil;oit le monde de mani&egrave;re non-duelle. Dans cette mani&egrave;re de voir, non seulement les oppos&eacute;s ne s'opposent plus, mais on est &agrave; m&ecirc;me de r&eacute;aliser qu'ils sont en r&eacute;alit&eacute; une seule et m&ecirc;me chose, qui circule d'un bord comme de l'autre en empruntant diff&eacute;rents masques lorsque l'on est incapable de reconna&icirc;tre l'unicit&eacute; de leur manifestation. Mais lorsqu'on en devient capable, la nuit n'est plus le contraire du jour, elle est simultann&eacute;ment le jour qui lui-m&ecirc;me contient la nuit qui elle-m&ecirc;me deviendra jour... C'est &eacute;tat paradoxal fait co-exister&nbsp;le n&eacute;gatif et le positif simultann&eacute;ment. On pourrait dire qu'il s'agit d'un &eacute;tat super-positif &agrave; l'int&eacute;rieur duquel la danse des oppos&eacute;s devient possible. &Agrave; noter que l'absence de jour ou la pr&eacute;sence de nuit  correspond aussi &agrave; la pr&eacute;sence de jour ou l'absence de nuit. L'absence a donc un caract&egrave;re positif de par sa pr&eacute;sence. Un p&egrave;re absent a une influence majeure vous diront plusieurs psychologues... Pour dire autrement, l'absence, le n&eacute;gatif, le n&eacute;ant en tant qu'absolu ne seraient qu'une repr&eacute;sentation de l'esprit dualiste et qui n'aurait aucune existence en soi. D'o&ugrave; le caract&egrave;re super-positif de la nouvelle perspective.<br />
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C'est pourquoi quand on voit s'annuler les oppos&eacute;s lorsqu'en dehors de la dualit&eacute;, une joie immense envahit l'&ecirc;tre. Car non seulement celui-ci n'est plus soumis au stress continuel des oppositions qui le tiraille jour et nuit, mais en +, le mouvement du temps cesse. Car si les oppos&eacute;s s'annulent, cela implique &eacute;galement que l'apr&egrave;s et l'avant n'op&egrave;rent plus. Ne reste plus que le pr&eacute;sent. Non pas le pr&eacute;sent tel que ressenti entre l'avant et l'apr&egrave;s, dans le mode dualiste, mais le pr&eacute;sent v&eacute;cu comme &eacute;ternit&eacute;, comme hors du temps, incr&eacute;&eacute;. Car c'est cela l'&eacute;ternit&eacute;. L'&eacute;ternit&eacute; n'est pas une r&eacute;p&eacute;tition qui dure tr&egrave;s beaucoup longtemps. L'&eacute;ternit&eacute;, c'est un pr&eacute;sent qui ne commence ni ne finit jamais. N'oublions que le langage &eacute;tant &agrave; la base un mode de communication dualiste, il est incapable de repr&eacute;senter ad&eacute;quatement un ph&eacute;nom&egrave;ne qui ne serait pas dualiste, un paradoxe o&ugrave; les oppositions ne jouent plus les unes contre les autres.<br />
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Mais pour revenir &agrave; la joie, c'est ce dont traite le dernier couplet dans la chanson qui ouvre mon dernier album.<br />
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La nuit qui &eacute;claire la nuit&nbsp;<br />
Prend sa lumi&egrave;re &agrave; la joie<br />
Elle prend, se fait prendre et jouit<br />
Du feu qui t'alluma<br />
Du feu qui t'allumera<br />
Du feu qui t'allume<br />
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&Agrave; la lueur de ce vient d'&ecirc;tre &eacute;crit, on comprendra mieux pourquoi les 3 temps sont d&eacute;clin&eacute;s dans les 3 derni&egrave;res phrases.<br />
Quant &agrave; la joie, il y a certes celle qui jaillit lorsqu'on d&eacute;couvre en dehors de la dualit&eacute; un plan non-duel, beaucoup plus vaste que celui qui nous est normalement donn&eacute; <br />
de conna&icirc;tre. Mais il y aussi la joie inh&eacute;rente au d&eacute;ploiement de la Nature, d'une dynamique incessante, perp&eacute;tuellement en cr&eacute;ation, ne peut que d&eacute;border de f&eacute;licit&eacute; devant un tel spectacle,&nbsp;consciente d'elle-m&ecirc;me, de sa manifestation grandiose&nbsp;arrach&eacute;e &agrave; chaque pulsation au N&eacute;ant, tel un respir qui nous ram&egrave;nerait &agrave; la vie apr&egrave;s chaque expiration, comme si le ravissement ne pouvait cesser puisque le 1000x Amazing Fantastique Immobile Perp&eacute;tuel Renouveau Incr&eacute;&eacute; du Forever Pr&eacute;sent ne cesse jamais de s'&eacute;tonner lui-m&ecirc;me. <br />
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Car vous l'aurez devin&eacute;, un changement de paradigme s'op&egrave;re lorsqu'on passe d'un plan duel &agrave; un plan non-duel. Une transformation majeure au niveau de l'&eacute;go s'effectue. Le &quot;je&quot; contextuel, familial, historique, psychologique, s'efface pour faire place &agrave; une percepetion &agrave; la fois personelle et impersonelle (non-duelle), superjective dirait le philosophe Andr&eacute; Moreau, o&ugrave; la s&eacute;partion entre soi, le reste et la Nature n'existe plus. On fait partie du monde tout comme le monde est &eacute;galement en nous. Dans cette perspective, les oppos&eacute;s n'&eacute;tant plus, seul subsiste l'Un, superpositif immanent dont l'existence incr&eacute;&eacute; suscite une joie in&eacute;teignable.&nbsp;<br />
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Quant aux derni&egrave;res paroles &quot;C'qui est en-haut est comme en-bas&quot;, &ccedil;a devrait commencer &agrave; &ecirc;tre clair...<br />
Mais bon, ce qui est duel peut difficilemet comprendre le non-duel. Seule l'exp&eacute;rience ici peut t&eacute;moigner. Imaginez un aveugle &agrave; qui on essayerait d'expliquer la couleur rouge. Ce ne serait que s'il recouvre la vue qu'il pourrait &quot;comprendre&quot; ce qu'est la couleur rouge...<br />
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Ben voil&agrave; pouruoi la nuit &eacute;claire la nuit...<br />
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					<pubDate>Tue, 27 Dec 2011 14:20:00 GMT</pubDate>
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				<item>
					<title>La logique des contraires</title>
					<link>http://jeanfrancoisfortier.com/blog.cfm?feature=2546803&amp;postid=1659584</link>
					<description>C&apos;est parce que nous percevons le monde sur un mode dualiste, ou si vous pr&#xe9;f&#xe9;rez, par oppositon (le bien ne peut exister sans le mal, le haut sans le bas, la gauche sans la droite), que forc&#xe9;ment on en vient &#xe0; s&apos;imaginer que tout ce qui commence doit finir. Mais si cela n&apos;&#xe9;tait le fruit d&apos;une vision limit&#xe9;e, conditionn&#xe9;e par des fronti&#xe8;res sensorielles et physiologiques qui nous emp&#xea;chent de percevoir comment elles op&#xe8;rent et de comprendre les limites qu&apos;elles impliquent. En d&apos;autres mots, nous croyons percevoir le monde, inconsciemment ou non, d&apos;une mani&#xe8;re absolue puisque c&apos;est la seule fa&#xe7;on qu&apos;on a de le conna&#xee;tre. C&apos;est pourquoi un grand nombre de traditions orientales parlent de l&apos;illusion dans laquelle on vit, illusion dont un des fondements prend ses assises sur notre mode de perception par opposition, mode que l&apos;on appelle dualisme dans ces m&#xea;mes traditions orientales (ne pas confondre avec le dualisme de Descartes). Mais on y fait &#xe9;galement r&#xe9;f&#xe9;rence en Occident &#xe0; travers le mythe du Fruit de la Connaissance du Bien et du Mal. Toute la doctrine du p&#xe9;ch&#xe9; originel prendrait l&#xe0; sa source.Mais si en Occident ce mode de perception n&apos;est pas m&#xe9;thodiquement remis en question, du moins pas autant qu&apos;en Orient, un philosophe du si&#xe8;cle dernier, St&#xe9;phane Lupasco, commence &#xe0; gagner en popularit&#xe9; en raison des id&#xe9;es qu&apos;il a d&#xe9;velopp&#xe9;es, id&#xe9;es qui semblent s&apos;accorder avec ce que pr&#xe9;tend entre autre le bouddhisme. Chez Lupasco, un axiome fondamental de la pens&#xe9;e occidentale, &#xe0; savoir qu&apos; &quot;A ne peut &#xe9;galer non-A&quot; (Aristote) est fortement remis en question. Honn&#xea;tement, je comprends pas tout ce qu&apos;Il dit, M. Lupsco &#xe9;tait assez vers&#xe9; en science ( un manquement chez de nombreux philosophes a-t-il d&#xe9;plor&#xe9; ), mais disons que de ce que je peux en d&#xe9;duire, ma chanson Le gars des Vues cadre bien avec ce qu&apos;il a &#xe0; dire...Pour les curieux cliquez sur St&#xe9;phane Lupasco</description>
					<content:encoded><![CDATA[C'est parce que nous percevons le monde sur un mode dualiste, ou si vous préférez, par oppositon (le bien ne peut exister sans le mal, le haut sans le bas, la gauche sans la droite), que forcément on en vient à s'imaginer que tout ce qui commence doit finir. Mais si cela n'était le fruit d'une vision limitée, conditionnée par des frontières sensorielles et physiologiques qui nous empêchent de percevoir comment elles opèrent et de comprendre les limites qu'elles impliquent. En d'autres mots, nous croyons percevoir le monde, inconsciemment ou non, d'une manière absolue puisque c'est la seule façon qu'on a de le connaître. <br/>C'est pourquoi un grand nombre de traditions orientales parlent de l'illusion dans laquelle on vit, illusion dont un des fondements prend ses assises sur notre mode de perception par opposition, mode que l'on appelle dualisme dans ces mêmes traditions orientales (ne pas confondre avec le dualisme de Descartes). Mais on y fait également référence en Occident à travers le mythe du Fruit de la Connaissance du Bien et du Mal. Toute la doctrine du péché originel prendrait là sa source.<br/><br/>Mais si en Occident ce mode de perception n'est pas méthodiquement remis en question, du moins pas autant qu'en Orient, un philosophe du siècle dernier, Stéphane Lupasco, commence à gagner en popularité en raison des idées qu'il a développées, idées qui semblent s'accorder avec ce que prétend entre autre le bouddhisme. Chez Lupasco, un axiome fondamental de la pensée occidentale, à savoir qu' "A ne peut égaler non-A" (Aristote) est fortement remis en question. Honnêtement, je comprends pas tout ce qu'Il dit, M. Lupsco était assez versé en science ( un manquement chez de nombreux philosophes a-t-il déploré ), mais disons que de ce que je peux en déduire, ma chanson Le gars des Vues cadre bien avec ce qu'il a à dire...<br/><br/>Pour les curieux cliquez sur Stéphane Lupasco]]></content:encoded>
					<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 04:42:12 GMT</pubDate>
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				</item>
			  	

				<item>
					<title>La Musique vs l&apos;Industrie (#1)</title>
					<link>http://jeanfrancoisfortier.com/blog.cfm?feature=2546803&amp;postid=1447880</link>
					<description>&amp;nbsp;Ok. Cela fait plusieurs ann&amp;eacute;es que je vis de LA musique. Mais je ne peux pas dire que j&apos;ai d&amp;eacute;j&amp;agrave; v&amp;eacute;cu de MA musique, si ce n&apos;est cet intervalle de 2 ans, 1999-2001, durant lequel la compagnie &amp;agrave; laquelle j&apos;&amp;eacute;tais li&amp;eacute;, Musi-Art, m&apos;avan&amp;ccedil;ait des sommes via divers programmes (Musication, Sodec), ce qui me permettait de toucher des avances et des cachets, entre autres lorsque je jouais en premi&amp;egrave;re partie d&apos;Isabelle Boulay  ou de Marc D&amp;eacute;ry. En ajoutant les royaut&amp;eacute;s sur les 2-3 titres qui tournaient pas mal &amp;agrave; la radio, &amp;ccedil;a me permettait de payer le loyer et de me faire accroire que j&apos;&amp;eacute;tais rendu au firmament, que j&apos;&amp;eacute;tais d&amp;eacute;sormais un artiste.&amp;nbsp;Ce fut plaisant dans la mesure o&amp;ugrave; j&apos;ai pu r&amp;eacute;aliser ce qui &amp;eacute;tait &amp;agrave; l&apos;&amp;eacute;poque mon fantasme ultime: Ne rien faire.&amp;nbsp;Mais bon, honn&amp;ecirc;tement, ce n&apos;est pa ssi int&amp;eacute;ressant que &amp;ccedil;a et &amp;ccedil;a devient franchement lassant... Tout &amp;ccedil;a pour vous dire que de ma perspective, il est facile de trouver que l&apos;on vit maintenant dans une &amp;eacute;poque formidable lorsqu&apos;on est cr&amp;eacute;ateur de musique.

Prenez par exemple mon 2e album, Variations sur le Vide, que j&apos;ai fini par sortir sur mon propre label, n&apos;ayant pas d&apos;autre choix puisqu&apos;aucune compagnie ne s&apos;y int&amp;eacute;ressait. Eh bien, avec 10 fois moins de moyen qu&apos;&amp;agrave; l&apos;&amp;eacute;poque du 1er, j&apos;en ai en vendu presque 3x plus!  Et ce, avec z&amp;eacute;ro support des radios commerciales. Mais on parle ici de 2005, une &amp;quot;&amp;eacute;poque&amp;quot; o&amp;ugrave; les choses se faisaient encore &amp;agrave; l&apos;ancienne...

Et l&amp;agrave;, 6 ans + tard, je me re-pointe avec mon 3e album, Le jour o&amp;ugrave; j&apos;ai chang&amp;eacute; le monde, enregistr&amp;eacute; avec un logiciel de base qui vient avec n&apos;importe quel Mac. Album que je vends d&amp;eacute;j&amp;agrave; en pr&amp;eacute;vente &amp;agrave; travers mon propre site, le tout sans rien demander &amp;agrave; personne (&amp;agrave; part de l&apos;acheter : )... Je veux bien que l&apos;Industrie du disque se porte mal, mais disons que pour ce qui est de faire de la musique, l&apos;enregistrer et la mettre en vente, &amp;ccedil;a n&apos;a jamais &amp;eacute;t&amp;eacute; aussi facile! Il y a peut-&amp;ecirc;tre l&amp;agrave; une relation de cause &amp;agrave; effet...

Bien s&amp;ucirc;r, si on est attach&amp;eacute; ou reli&amp;eacute; pour une raison ou une autre &amp;agrave; l&apos;ancienne mani&amp;egrave;re de faire, les temps sont &amp;eacute;minemment durs. Mais d&apos;une perspective strictement cr&amp;eacute;atrice, et m&amp;ecirc;me marchande, les moyens qui sont maintenant mis &amp;agrave; notre disposition ont de quoi faire r&amp;ecirc;ver. Imaginez: Avant les ann&amp;eacute;es 2000, on pouvait seulement enregistrer un album, le vendre et le diffuser si on r&amp;eacute;ussissait &amp;agrave; d&amp;eacute;nicher un contrat de disque. Aujourd&apos;hui, tout cela peut se faire de la maison... 

Il y aurait beaucoup &amp;agrave; &amp;eacute;crire sur ce qui est &amp;eacute;nonc&amp;eacute; plus haut mais l&amp;agrave; n&apos;est pas le but de ce billet. Je voulais brosser un portrait d&apos;ensemble de la situation, tel que per&amp;ccedil;u lorsqu&apos;on est simplement cr&amp;eacute;ateur de musique. Car c&apos;est cela qui m&apos;int&amp;eacute;resse avant tout. Cr&amp;eacute;er. Je crois que l&apos;acte de cr&amp;eacute;er est d&apos;une importance capitale pour l&apos;&amp;ecirc;tre humain. On pourrait dire que l&apos;&amp;ecirc;tre humain a &amp;eacute;t&amp;eacute; cr&amp;eacute;&amp;eacute; pour cr&amp;eacute;er! J&apos;en vois qui tiquent &amp;agrave; lire cela mais il faudrait &amp;ecirc;tre de mauvaise foi pour ne pas reconna&amp;icirc;tre qu&apos;il est en g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral beaucoup + plaisant de cr&amp;eacute;er que de s&apos;adonner &amp;agrave; une activit&amp;eacute; r&amp;eacute;p&amp;eacute;titive qui ne demande aucun effort d&apos;imagination...

L&apos;acte de cr&amp;eacute;er ne rel&amp;egrave;ve &amp;eacute;videmment pas exclusivement du domaine musical. Un homme d&apos;affaire, un hockeyeur, un enseignant, tous avons le pouvoir d&apos;exprimer notre cr&amp;eacute;ativit&amp;eacute; &amp;agrave; travers notre m&amp;eacute;tier. Mais la musique a ceci de particulier qu&apos;elle est un langage universel. Car la musique ensorcelle le cerveau. Rien ne stimule le cerveau comme la musique le fait. &amp;Agrave; force d&apos;en entendre et en viellissant, on en vient &amp;agrave; oublier l&apos;effet enivrant que procure la musique. Lisez This is your brain on music , un ouvrage acclam&amp;eacute; du neuro-scientiste Daniel J. Levitin, pour en apprendre + &amp;agrave; ce sujet.

Bien s&amp;ucirc;r, on a pas besoin de se r&amp;eacute;f&amp;eacute;rer &amp;agrave; un ouvrage scientifique pour savoir &amp;agrave; quel point la musique est une &amp;quot;mati&amp;egrave;re&amp;quot; unique, sp&amp;eacute;ciale, sacr&amp;eacute;e..? Je n&apos;oublierai jamais la premi&amp;egrave;re fois o&amp;ugrave; dans un shack, Michel Bastien avec sa 12 cordes, livra la performance la + &amp;eacute;lectrisante &amp;agrave; laquelle il m&apos;a &amp;eacute;t&amp;eacute; donn&amp;eacute; d&apos;assister (ex-aqueo avec Paul sur les Plaines...).  Je devais avoir 12 ans, et c&apos;&amp;eacute;tait la premi&amp;egrave;re vraie fois o&amp;ugrave; j&apos;entendais un musicien jouer live &amp;agrave; 3 pieds de moi. Et o&amp;ugrave; tout le monde, moi compris, chantait &amp;agrave; pleins poumons. D&amp;egrave;s cet instant, je sus que la musique serait ma locomotive. La musique a ceci de particulier: elle est un ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;ne purement physique, mais qui transporte en m&amp;ecirc;me temps une grande charge &amp;eacute;motive. C&apos;est pourquoi elle est magique. Oui, oui, magique.

Et c&apos;est pourquoi je crois que ce n&apos;est pas un hasard si la technologie a particuli&amp;egrave;rement cibl&amp;eacute; la musique et a travaill&amp;eacute; &amp;agrave; ce qu&apos;elle devienne de + en + accessible, autant au niveau de l&apos;&amp;eacute;couteur que du cr&amp;eacute;ateur. &amp;Agrave; suivre (c&apos;est l&amp;agrave; que &amp;ccedil;a devient vraiment int&amp;eacute;ressant...)</description>
					<content:encoded><![CDATA[&nbsp;Ok. Cela fait plusieurs ann&eacute;es que je vis de LA musique. Mais je ne peux pas dire que j'ai d&eacute;j&agrave; v&eacute;cu de MA musique, si ce n'est cet intervalle de 2 ans, 1999-2001, durant lequel la compagnie &agrave; laquelle j'&eacute;tais li&eacute;, Musi-Art, m'avan&ccedil;ait des sommes via divers programmes (Musication, Sodec), ce qui me permettait de toucher des avances et des cachets, entre autres lorsque je jouais en premi&egrave;re partie d'Isabelle Boulay  ou de Marc D&eacute;ry. En ajoutant les royaut&eacute;s sur les 2-3 titres qui tournaient pas mal &agrave; la radio, &ccedil;a me permettait de payer le loyer et de me faire accroire que j'&eacute;tais rendu au firmament, que j'&eacute;tais d&eacute;sormais un artiste.&nbsp;Ce fut plaisant dans la mesure o&ugrave; j'ai pu r&eacute;aliser ce qui &eacute;tait &agrave; l'&eacute;poque mon fantasme ultime: Ne rien faire.&nbsp;Mais bon, honn&ecirc;tement, ce n'est pa ssi int&eacute;ressant que &ccedil;a et &ccedil;a devient franchement lassant... Tout &ccedil;a pour vous dire que de ma perspective, il est facile de trouver que l'on vit maintenant dans une &eacute;poque formidable lorsqu'on est cr&eacute;ateur de musique.<br />
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Prenez par exemple mon 2e album, Variations sur le Vide, que j'ai fini par sortir sur mon propre label, n'ayant pas d'autre choix puisqu'aucune compagnie ne s'y int&eacute;ressait. Eh bien, avec 10 fois moins de moyen qu'&agrave; l'&eacute;poque du 1er, j'en ai en vendu presque 3x plus!  Et ce, avec z&eacute;ro support des radios commerciales. Mais on parle ici de 2005, une &quot;&eacute;poque&quot; o&ugrave; les choses se faisaient encore &agrave; l'ancienne...<br />
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Et l&agrave;, 6 ans + tard, je me re-pointe avec mon 3e album, Le jour o&ugrave; j'ai chang&eacute; le monde, enregistr&eacute; avec un logiciel de base qui vient avec n'importe quel Mac. Album que je vends d&eacute;j&agrave; en pr&eacute;vente &agrave; travers mon propre site, le tout sans rien demander &agrave; personne (&agrave; part de l'acheter : )... Je veux bien que l'Industrie du disque se porte mal, mais disons que pour ce qui est de faire de la musique, l'enregistrer et la mettre en vente, &ccedil;a n'a jamais &eacute;t&eacute; aussi facile! Il y a peut-&ecirc;tre l&agrave; une relation de cause &agrave; effet...<br />
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Bien s&ucirc;r, si on est attach&eacute; ou reli&eacute; pour une raison ou une autre &agrave; l'ancienne mani&egrave;re de faire, les temps sont &eacute;minemment durs. Mais d'une perspective strictement cr&eacute;atrice, et m&ecirc;me marchande, les moyens qui sont maintenant mis &agrave; notre disposition ont de quoi faire r&ecirc;ver. Imaginez: Avant les ann&eacute;es 2000, on pouvait seulement enregistrer un album, le vendre et le diffuser si on r&eacute;ussissait &agrave; d&eacute;nicher un contrat de disque. Aujourd'hui, tout cela peut se faire de la maison... <br />
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Il y aurait beaucoup &agrave; &eacute;crire sur ce qui est &eacute;nonc&eacute; plus haut mais l&agrave; n'est pas le but de ce billet. Je voulais brosser un portrait d'ensemble de la situation, tel que per&ccedil;u lorsqu'on est simplement cr&eacute;ateur de musique. Car c'est cela qui m'int&eacute;resse avant tout. Cr&eacute;er. Je crois que l'acte de cr&eacute;er est d'une importance capitale pour l'&ecirc;tre humain. On pourrait dire que l'&ecirc;tre humain a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; pour cr&eacute;er! J'en vois qui tiquent &agrave; lire cela mais il faudrait &ecirc;tre de mauvaise foi pour ne pas reconna&icirc;tre qu'il est en g&eacute;n&eacute;ral beaucoup + plaisant de cr&eacute;er que de s'adonner &agrave; une activit&eacute; r&eacute;p&eacute;titive qui ne demande aucun effort d'imagination...<br />
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L'acte de cr&eacute;er ne rel&egrave;ve &eacute;videmment pas exclusivement du domaine musical. Un homme d'affaire, un hockeyeur, un enseignant, tous avons le pouvoir d'exprimer notre cr&eacute;ativit&eacute; &agrave; travers notre m&eacute;tier. Mais la musique a ceci de particulier qu'elle est un langage universel. Car la musique ensorcelle le cerveau. Rien ne stimule le cerveau comme la musique le fait. &Agrave; force d'en entendre et en viellissant, on en vient &agrave; oublier l'effet enivrant que procure la musique. Lisez This is your brain on music , un ouvrage acclam&eacute; du neuro-scientiste Daniel J. Levitin, pour en apprendre + &agrave; ce sujet.<br />
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Bien s&ucirc;r, on a pas besoin de se r&eacute;f&eacute;rer &agrave; un ouvrage scientifique pour savoir &agrave; quel point la musique est une &quot;mati&egrave;re&quot; unique, sp&eacute;ciale, sacr&eacute;e..? Je n'oublierai jamais la premi&egrave;re fois o&ugrave; dans un shack, Michel Bastien avec sa 12 cordes, livra la performance la + &eacute;lectrisante &agrave; laquelle il m'a &eacute;t&eacute; donn&eacute; d'assister (ex-aqueo avec Paul sur les Plaines...).  Je devais avoir 12 ans, et c'&eacute;tait la premi&egrave;re vraie fois o&ugrave; j'entendais un musicien jouer live &agrave; 3 pieds de moi. Et o&ugrave; tout le monde, moi compris, chantait &agrave; pleins poumons. D&egrave;s cet instant, je sus que la musique serait ma locomotive. La musique a ceci de particulier: elle est un ph&eacute;nom&egrave;ne purement physique, mais qui transporte en m&ecirc;me temps une grande charge &eacute;motive. C'est pourquoi elle est magique. Oui, oui, magique.<br />
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Et c'est pourquoi je crois que ce n'est pas un hasard si la technologie a particuli&egrave;rement cibl&eacute; la musique et a travaill&eacute; &agrave; ce qu'elle devienne de + en + accessible, autant au niveau de l'&eacute;couteur que du cr&eacute;ateur. &Agrave; suivre (c'est l&agrave; que &ccedil;a devient vraiment int&eacute;ressant...)<br />]]></content:encoded>
					<pubDate>Sun, 30 Oct 2011 11:30:00 GMT</pubDate>
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				</item>
			  	

				<item>
					<title>Some of the Dharma (c&apos;est la faute &#xe0; Kerouac)...</title>
					<link>http://jeanfrancoisfortier.com/blog.cfm?feature=2546803&amp;postid=1433309</link>
					<description>J&apos;ai eu ce que j&apos;appellerais ma p&amp;eacute;riode bouddhiste. D&apos;o&amp;ugrave; le titre de mon disque pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dent, Variations sur le Vide. Le titre comme tel a &amp;eacute;t&amp;eacute; emprunt&amp;eacute; &amp;agrave; la pi&amp;egrave;ce de th&amp;eacute;&amp;acirc;tre d&apos;un de mes amis, St&amp;eacute;phane E. Roy, mais la pi&amp;egrave;ce en question (qui est en d&amp;eacute;marche pour se faire adapt&amp;eacute; au grand &amp;eacute;cran - on touche du bois) traite plus du vide existentiel que du vide tel qu&apos;il est per&amp;ccedil;u et expliqu&amp;eacute; dans le bouddhisme.&amp;nbsp;

Car le bouddhisme enseigne que tout est vide. Litt&amp;eacute;rallement. Que la forme est le vide et que le vide est la forme. Vide dans la mesure o&amp;ugrave; rien n&apos;existe en soi, que rien n&apos;est sa propre cause, que tout est passager, interd&amp;eacute;pendant. Et c&apos;est parce qu&apos;on est convaincu de la solidit&amp;eacute; des ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;nes, qu&apos;on croit fermement qu&apos;ils existent en soi (&amp;agrave; commencer par nous-m&amp;ecirc;me), que l&apos;on se m&amp;eacute;prend sur la r&amp;eacute;elle nature du monde. Et une grande souffrance vient avec cette m&amp;eacute;prise. C&apos;est pourquoi comprendre ce que le Bouddha a appel&amp;eacute; &amp;quot;la vacuit&amp;eacute; des ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;nes&amp;quot; est d&apos;une grande importance pour quiconque veut atteindre la &amp;quot;lib&amp;eacute;ration&amp;quot;.&amp;nbsp;

Mais qu&apos;est-ce que vient faire Kerouac dans tout &amp;ccedil;a me demandez-vous...? C&apos;est que Jack, avant de devenir riche (?) et c&amp;eacute;l&amp;egrave;bre, s&apos;est plong&amp;eacute; avec ce qu&apos;il semble &amp;ecirc;tre un grand s&amp;eacute;rieux dans l&apos;&amp;eacute;tude et la pratique du bouddhisme. On the road, le roman qui allait le propulser parmi les g&amp;eacute;ants de la lit&amp;eacute;rature am&amp;eacute;ricaine, rest&amp;acirc;t 4 ann&amp;eacute;es sur les tablettes avant qu&apos;une maison d&apos;&amp;eacute;dition ne le publie. 4 longues ann&amp;eacute;es durant lesquelles Kerouac, convaincu de son g&amp;eacute;nie, essay&amp;acirc;t de se lib&amp;eacute;rer de cette soif de reconnaissance qui le torturait.&amp;nbsp;Ce n&apos;est que plusieurs d&amp;eacute;cennies apr&amp;egrave;s sa mort que les carnets qu&apos;il a &amp;eacute;crit sur sa pratique bouddhiste ont &amp;eacute;t&amp;eacute; publi&amp;eacute;s, sous un m&amp;ecirc;me recueil appel&amp;eacute; Some of the Dharma (et L&apos;&amp;eacute;crit de l&apos;&amp;eacute;ternit&amp;eacute; d&apos;or).

Ce livre me rendit tr&amp;egrave;s proche de Jack. Les interpr&amp;eacute;tations qu&apos;il faisait des sutras (versets bouddhistes), le r&amp;eacute;cit de ses m&amp;eacute;ditations, de ses progr&amp;egrave;s, de ses visions, de ses remords, les po&amp;egrave;mes -parfois en canadien fran&amp;ccedil;ais!- tr&amp;egrave;s bouddhistes que lui inspirait sa pratique, tout cela me donnait le sentiment que Jack m&apos;accompagnait de ma d&amp;eacute;marche. Je me sentais moins seul.&amp;nbsp;

Et c&apos;est l&amp;agrave; l&apos;une des raisons pourquoi j&apos;ai eu envie comme Jack de communiquer, &amp;agrave; travers la chanson, le fruit de d&amp;eacute;marches et d&apos;exp&amp;eacute;riences qui suivirent la sortie de Variations sur le Vide. &amp;Ccedil;a donne 6 ans + tard Le jour o&amp;ugrave; j&apos;ai chang&amp;eacute; le monde. 

Voil&amp;agrave; pour la gen&amp;egrave;se.
On s&apos;en reparle.
&amp;Agrave;+

JF




</description>
					<content:encoded><![CDATA[J'ai eu ce que j'appellerais ma p&eacute;riode bouddhiste. D'o&ugrave; le titre de mon disque pr&eacute;c&eacute;dent, Variations sur le Vide. Le titre comme tel a &eacute;t&eacute; emprunt&eacute; &agrave; la pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre d'un de mes amis, St&eacute;phane E. Roy, mais la pi&egrave;ce en question (qui est en d&eacute;marche pour se faire adapt&eacute; au grand &eacute;cran - on touche du bois) traite plus du vide existentiel que du vide tel qu'il est per&ccedil;u et expliqu&eacute; dans le bouddhisme.&nbsp;<br />
<br />
Car le bouddhisme enseigne que tout est vide. Litt&eacute;rallement. Que la forme est le vide et que le vide est la forme. Vide dans la mesure o&ugrave; rien n'existe en soi, que rien n'est sa propre cause, que tout est passager, interd&eacute;pendant. Et c'est parce qu'on est convaincu de la solidit&eacute; des ph&eacute;nom&egrave;nes, qu'on croit fermement qu'ils existent en soi (&agrave; commencer par nous-m&ecirc;me), que l'on se m&eacute;prend sur la r&eacute;elle nature du monde. Et une grande souffrance vient avec cette m&eacute;prise. C'est pourquoi comprendre ce que le Bouddha a appel&eacute; &quot;la vacuit&eacute; des ph&eacute;nom&egrave;nes&quot; est d'une grande importance pour quiconque veut atteindre la &quot;lib&eacute;ration&quot;.&nbsp;<br />
<br />
Mais qu'est-ce que vient faire Kerouac dans tout &ccedil;a me demandez-vous...? C'est que Jack, avant de devenir riche (?) et c&eacute;l&egrave;bre, s'est plong&eacute; avec ce qu'il semble &ecirc;tre un grand s&eacute;rieux dans l'&eacute;tude et la pratique du bouddhisme. <i>On the road</i>, le roman qui allait le propulser parmi les g&eacute;ants de la lit&eacute;rature am&eacute;ricaine, rest&acirc;t 4 ann&eacute;es sur les tablettes avant qu'une maison d'&eacute;dition ne le publie. 4 longues ann&eacute;es durant lesquelles Kerouac, convaincu de son g&eacute;nie, essay&acirc;t de se lib&eacute;rer de cette soif de reconnaissance qui le torturait.&nbsp;Ce n'est que plusieurs d&eacute;cennies apr&egrave;s sa mort que les carnets qu'il a &eacute;crit sur sa pratique bouddhiste ont &eacute;t&eacute; publi&eacute;s, sous un m&ecirc;me recueil appel&eacute; Some of the Dharma (et L'&eacute;crit de l'&eacute;ternit&eacute; d'or).<br />
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Ce livre me rendit tr&egrave;s proche de Jack. Les interpr&eacute;tations qu'il faisait des sutras (versets bouddhistes), le r&eacute;cit de ses m&eacute;ditations, de ses progr&egrave;s, de ses visions, de ses remords, les po&egrave;mes -parfois en canadien fran&ccedil;ais!- tr&egrave;s bouddhistes que lui inspirait sa pratique, tout cela me donnait le sentiment que Jack m'accompagnait de ma d&eacute;marche. Je me sentais moins seul.&nbsp;<br />
<br />
Et c'est l&agrave; l'une des raisons pourquoi j'ai eu envie comme Jack de communiquer, &agrave; travers la chanson, le fruit de d&eacute;marches et d'exp&eacute;riences qui suivirent la sortie de <i>Variations sur le Vide</i>. &Ccedil;a donne 6 ans + tard <i>Le jour o&ugrave; j'ai chang&eacute; le monde. <br />
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Voil&agrave; pour la gen&egrave;se.<br />
On s'en reparle.<br />
&Agrave;+<br />
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JF<br />
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					<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 10:40:00 GMT</pubDate>
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